
A Doha, Teddy Tamgho n’a pas seulement décroché le titre mondial en salle du triple saut. Avec un bond à 17,90 m, il a également fait irruption au sommet de sa discipline, en s’offrant le record du monde indoor. Quarante-huit heures après son tour de force, le jeune Français, âgé seulement de 20 ans, revient en exclusivité sur sa folle soirée. Et ébauche déjà les grandes lignes de son avenir de triple-sauteur.
Teddy, quelle impression cela fait-il de se réveiller dans la peau d’un champion et recordman du monde en salle ?
Je ne réalise pas encore complètement. C’est tout frais. Et tellement inattendu. Je sors d’une compétition très réussie. J’ai un titre mondial, quelque chose qu’on ne m’enlèvera jamais, qui est à moi pour toujours. Lorsque j’avais remporté les championnats du monde en 2008, chez les juniors, j’étais allé à la compétition pour gagner. J’étais le favori. La victoire était pour moi. C’était presque facile. Là, chez les seniors, la concurrence est beaucoup plus rude, les concours nettement plus serrés. J’y suis parti moins en confiance qu’aux Mondiaux juniors. Mais, à l’arrivée, je suis plutôt fier d’avoir battu tous les gars classés derri&egra ve;re moi.
Avec le recul de 48 heures, comment jugez-vous le saut qui vous a offert le record du monde en salle (17,90m)?
Si j’avais effectué ce saut dans un meeting, je l’aurais trouvé imparfait. D’un point de vue technique, il n’est pas exempt de critiques. J’étais en déséquilibre sur le dernier bond, mes épaules étaient trop avancées. Il m’a fallu compenser avec un ciseau, pour éviter de retomber sur le sable accroupi. Mais je ne vais sûrement pas me plaindre de ce saut. Il m’a donné le tire de champion du monde. La performance est presque une cerise sur le gâteau.
Comment expliquez-vous que cette performance arrive aujourd’hui, quelques mois seulement après une saison estivale 2009 plutôt décevante ?
Je l’avais déjà dit, j’ai grandi l’an passé. Ma saison n’a pas été très bonne, mais j’y ai beaucoup appris. J’ai su m’imprégner des conseils de certains de mes adversaires, comme Jadel Gregorio ou Phillips Idowu. Ils m’ont dit de me calmer, de faire les choses bien, avec maîtrise, sans chercher à gagner le concours avant de l’avoir disputé. Plusieurs coachs étrangers sont venus me parler, pour me dire que j’étais doué, mais que je devais canaliser mon énergie sur le sautoir. Je les ai écoutés. Et j’ai enfin mûri. Techniquement, je suis pareil, je ne pense pas avoir progressé. Mais je suis plus puissant. C’est un tout. Je suis aujourd’hui capable de rassembler le s éléments pour bien faire les choses.
Dans quel état d’esprit avez-vous « traversé » ce concours des championnats du monde en salle ?
Il a été difficile à gérer. Le concours a pris du retard, il a fallu rester échauffé et concentré. Et c’était la première fois que je me retrouvais parmi les huit meilleurs dans une grande finale chez les seniors. Après mon premier essai à 17,41 m, j’ai contenu ma joie, je n’ai pas voulu exploser. Je savais que je ferai mieux. Et je ne voulais pas montrer à mes rivaux que j’étais content. Au contraire, j’avais décidé rester calme. Après, j’ai mordu deux sauts qui étaient sans doute plus loin que mon record du monde. Mais je ne suis jamais sorti du concours.
Vous êtes retombé à 10 cm de la ligne des 18 m. Cette performance constitue-t-elle une barrière ?
18 m au triple saut est un monde à part. Une cercle restreint, où sont entrés seulement deux athlètes, l’Anglais Jonathan Edwards et l’Américain Kenny Harrison. Certains s’en sont approchés. J’en fais aujourd’hui partie. Et j’ai même sûrement mordu des sauts à 18 m ou plus. C’est pourquoi je dois démythifier petit à petit cette barrière. J’en suis tout près. Mais, aujourd’hui, j’ai du mal à en parler avec détachement. Elle constitue encore un mythe, un saut de légende.
Depuis votre victoire à Doha, on vous colle déjà l’étiquette de nouveau leader de l’athlétisme français. Vous êtes prêt à l’assumer ?
La question ne se pose pas en ces termes. Un seul saut, même assorti d’un record du monde, ne fait pas de moi le leader de l’athlétisme français. Je n’ai aucune expérience. Je n’ai pas encore beaucoup apporté à mon sport. A mes yeux, Ladji Doucouré et Leslie Djhone restent les vrais leaders. Ils ont l’expérience, le passé, l’attitude et le savoir-faire. Moi, j’ai encore peu d’outils dans ma boîte.
Aujourd’hui, quelles sont vos ambitions ?
Gagner en régularité. Continuer à travailler pour mieux maîtriser mon saut. Je ne dois plus jamais retomber à 16 m, mais toujours me situer autour des 17 m. Ce ne sera pas facile, mais je dois tendre vers cet objectif. Après, les résultats suivront.
Dans l’immédiat, comment allez-vous occuper votre quotidien ?
J’ai coupé un peu, depuis la finale des championnats du monde en salle. Et je vais continuer puisque je pars en vacances, vendredi, pour une semaine aux Etats-Unis. Je vais rendre visite à ma sœur à Miami. Une semaine loin de l’athlétisme, pour penser à autre chose. Mes premières vacances depuis 2004. Je vais me maintenir en forme, par quelques footings et un peu d’entretien. Mais je dois m’accorder un break. Pour repartir ensuite à l’entraînement avec une envie plus forte que jamais.
Cette interview réalisée le 16 mars 2010 est libre de droit pour une utilisation presse écrite.
ILS ONT DIT :
Leslie Djhone* :
« Sa performance a fait plaisir à tout le monde » « Je connais Teddy depuis l’âge des cadets. Et je savais, depuis cette époque, qu’il possédait des qualités monstrueuses et un potentiel insoupçonné. Il n’empêche, sa performance à Doha reste ahurissante. Il a réussi à canaliser son énergie sur le sautoir, à exprimer tout son talent dans un concours de très haut niveau. Un concours très difficile, disputé dans un contexte particulier, avec une grosse pression sur les épaules car la dernière chance de médaille française à ces Mondiaux en salle reposait sur sa performance. Il fallait assumer. Teddy a su gérer, avec beaucoup de maîtrise. Il a beaucoup mûri, depuis l’an passé, après une saison un peu décev ante. J’espère maintenant que cet exploit n’est que le début. Une chose est sûre : sa performance a fait plaisir à beaucoup de monde, moi le premier, car Teddy est très apprécié en équipe de France. Elle nous inspire, elle donne envie d’aller nous aussi chercher les médailles et les records. »
Christophe Lemaitre *:
« Il m’épate et m’inspire » « Je n’étais pas à Doha pendant le concours du triple saut. Mais j’ai vu son saut sur Internet. Et, franchement, Teddy m’a épaté. Je le savais doué. Je connaissais son potentiel et ses qualités. Mais je n’imaginais pas qu’il serait capable de réaliser un truc pareil, un record du monde au dernier essai, pour aller chercher le titre mondial. La manière dont il a « plaqué » son saut, sa puissance à l’impulsion… C’est fantastique. Je connais bien Teddy depuis les championnats du monde juniors en 2008. Nous y avions tous les deux gagné une médaille d’or. Depuis, nous sommes restés proches. Sa performance m’inspire. Je ne regrette pas d’avoir fait l’imp asse sur ces Mondiaux en salle, car mes objectifs sont différents. Mais le record et le titre de Teddy me donnent encore plus envie de me « rattraper » l’été prochain aux championnats d’Europe. »
Commentaires
LAHOUAL HAMZA :
salut je m’appelle lahoual hamza je suis un athlète j'ai 18 ans je fais le triple saut et 110 m haies et 400 m haies je veux être un chopions mes les condition de travail au Maroc ça marche pas triple saut : 14m86cm 110 m haies : 14s80 400 m haies : 54s56 Num : +212603247041 ; +212664357472 ardes : hay al widadiya rus 27 N 01 Lazare Oujda Maroc merci POUR VOUS
Jun. 29, 2011
Mathieu rouquette:
Quand pourrais-je voir mon commentaire?
May. 28, 2010
Mathieu rouquette:
Bravo teddy t'es le meilleur tu leur as montrer que les championnats du monde de Berlin n'était qu'un accident et que tu es toujours la, maintenant le titre de champion d' Europe a barcelone te tend les bras allez encore un petit effort et de la concentration et tu verras tout ce passera bien même idowu et le portugais ne te résisteront car en plus ce sont eux qui ont la pression maintenant avec ton saut a 17m90 .allez courage moi Mathieu rouquette de l'AS Chelles je suis a fond derrière toi depuis ta victoire aux championnats du monde juniors et ce saut a 17m33.
May. 28, 2010